Pourquoi acheter local ?

Le commerce de proximité

Boulangerie, pharmacie, coiffure... Le commerce de proximité a retrouvé les faveurs des consommateurs, de plus en plus soucieux d'écologie et en quête de davantage de lien social.

Longtemps promis au déclin en raison de la concurrence des grandes surfaces et des zones commerciales implantées en périphérie des zones urbaines, le commerce de proximité reprend des couleurs. Selon la dernière étude disponible, réalisée par l'Insee, la France comptait 469 000 commerces de détail en 2013, employant 1 670 000 salariés. Entre 2008 et 2013, le commerce de détail a gagné 130 000 emplois.
L'arrivée des supermarchés et des hypermarchés en France à partir des années 60 a entraîné la disparition de nombreux commerces de proximité. Cette tendance s'est inversée à partir des années 2000, suite à une volonté politique de protéger ce type de commerces (les lois Galland et Raffarin ont notamment encadré l'activité des magasins de la grande distribution), mais également grâce à un changement des modes de consommation.
Le repeuplement des centres urbains et des campagnes, la recherche de lien social, les nouveaux enjeux écologiques (consommation de produits locaux, diminution des déplacements en voiture, etc.), ou encore le vieillissement de la population française, sont autant d'éléments qui contribuent au regain de dynamisme du commerce de proximité.

L'agglomération parisienne concentre les commerces de proximité franciliens

C'est en Ile-de-France qu'a été ouvert le premier hypermarché, en 1963 à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Malgré cette présence historique de la grande distribution, la région continue à abriter un grand nombre de commerces de proximité. La majorité se concentre néanmoins à Paris et dans quelques communes limitrophes situées au nord et au nord-ouest de la capitale.
En 2011, l'agglomération parisienne comptait environ 50 000 commerces et services relevant de la proximité, dont plus des deux tiers situés dans la capitale, selon une étude de l'Apur, l'IAU Ile-de-France et la ville de Paris. La majorité (39 %) correspondent à des commerces alimentaires, les services (au nombre de 15 000) arrivant en seconde position. Ces dernières années, la ville de Paris a également vu s'ouvrir de très nombreuses supérettes.
Sources : Défi-métiers www.defi-metiers.fr/panoramas/

Proximité

« Proximité… » Le mot, adapté au commerce, n'a jamais été autant mis en avant par les pouvoirs publics, les élus, les urbanistes… Jusqu'à la grande distribution qui rappelle aujourd'hui que « la proximité, c'est son métier ». Entre Carrefour City du groupe Carrefour, Little extra de Auchan, Monop'de Monoprix ou Marché Plus de Casino, les grandes enseignes se taillent un nouveau format pour réinvestir les centres-villes. « Ce retour aux sources n'est pas anodin. On voit bien que l'attractivité des grands centres commerciaux marque le pas, même si les majors de la distribution n'en parlent pas », explique Jacques Marceau, un des fondateurs du « Manifeste des services et commerces de proximité » officiellement lancé à l'Assemblée nationale à l'occasion d'un colloque élargi. Ce manifeste qui regroupe entreprises, institutions et associations, entend bien promouvoir de bonnes pratiques en s'appuyant sur des réalisations exemplaires qui ont vu le jour ici et là.

Mais si la proximité permet de renouer avec « une ville idéalisée, celle des petites distances et du voisinage convivial », indique Philippe Dugot, prof à l'université Toulouse-3, il ne faut pas céder à l'image d'Épinal. Le zinc rustique, la droguerie ou l'épicerie de village ont vécu, remplacés par des multiples ruraux et des supermarchés exclus des centres-villes au profit des périphéries.
Engager une réflexion sur le sens à donner au commerce de proximité est devenu le credo des chambres de commerce. Première en France, la CCIR de Midi-Pyrénées a lancé une vaste enquête avec les chercheurs du Centre universitaire d'études urbaines (Cieu). Objectif : répondre aux vraies questions posées par l'urbanisme commercial, notion trop souvent négligée par les décideurs. On sait que la présence ou pas de commerces joue un rôle clé dans le choix du citadin de s'implanter ici ou là, tout comme entrent en compte le coût du foncier, l'offre de transport, la présence de services de santé ou d'écoles…

Le commerce de proximité est devenu d'autant plus une réalité que la grande distribution de proximité marque des signes d'essoufflement et que nous avons de plus en plus tendance à consommer autrement. Face aux supérettes et au discount, c'est aussi aux détaillants de se professionnaliser et de s'unir pour promouvoir le commerce plaisir par opposition au commerce du « prix bas ». Tout un programme.

Jean-Marie Decorse, (extrait : www.ladepeche.fr/article/)